Les confréries de Pénitents

L'archiconfrérie des pénitents blancs et noirs
de Saint-Etienne-de-Tinée
La plupart des villages de l'arrière-pays niçois ont compté au moins une confrérie de
pénitents. De par son importance, Saint-Etienne-de-Tinée va en abriter deux :
- celle des pénitents blancs, la confrérie de Notre Dame du Mont Carmel,
- celle des pénitents noirs, la confrérie de Notre Dame des sept Douleurs.
Une confrérie de pénitents, c'est avant tout une association, une association de laïcs
catholiques. Ce mouvement associatif trouve son origine au Moyen Age.
Saint Bonaventure crée à Rome en 1267, la toute première confrérie, sous le
vocable de ''Notre Dame du Gonfalon1''. Ses membres, des laïcs donc, adoptent une
tenue qui rappelle le froc des moines, dans une toile brute, écrue, tissée bien
souvent sous le toit familial, qui leur donne le nom de ''pénitents blancs''.
Rapidement, s’érigent, sur le même modèle, des confréries-soeurs, en Italie, bientôt
à Nice en 1306, finalement sur un grand arc méditerranéen qui va jusqu'à l'Espagne.
Par ici, on a une première mention de confrérie en 1451. Mais rien ne dit qu'il n'en
existait pas plus tôt.
La première motivation des pénitents est la manifestation de leur foi, par la prière lors
des offices et par des processions publiques.
Soucieux aussi de charité, les pénitents, au cours du temps, apportent leur aide aux
malades, aux nécessiteux, aux prisonniers. Ils vont également prendre en charge les
funérailles.
Et cette dernière mission est à l’origine de la fondation de la deuxième grande famille
de confréries. Pour se distinguer, les confrères adoptent une tenue d'une couleur
basique aussi au Moyen Age, le brun, d'où leur nom de ''pénitents noirs''.
L' organisation des deux confréries stéphanoises est identique avec à leur tête, un
recteur. Elles ne se distinguent que par la couleur de leur tenue, le camus, leurs
bannières, leurs actions caritatives avec à l'origine un rôle particulier des pénitents
noirs lors des funérailles, leurs fêtes, leurs saints patrons ... Ainsi les pénitents
blancs fêtent Notre Dame du Mont Carmel en juillet alors que les noirs célèbrent
saint Michel, fin septembre.
Chaque confrérie a sa chapelle, la chapelle du Gonfalon (ou de Notre-Dame du Mont
Carmel) pour les Blancs, la chapelle Saint-Michel pour les Noirs.
Après 1980, la baisse des effectifs a incité les confréries stéphanoises à ouvrir leur
recrutement aux femmes et à unir leurs forces d'où la réunion des Blancs et des
Noirs dans l'archiconfrérie.
Ainsi cette association sortie de la nuit des temps, reste encore présente dans la vie
locale, à des occasions festives comme le feu de la St-Jean ou le festin, mais aussi
en accompagnant bénévolement tout un chacun à sa dernière demeure lors des
funérailles.